Bâtiment

Les vitres, « tueurs invisibles » des oiseaux

Chaque année, de nombreux oiseaux sont piégés par les vitres. Pour alerter les professionnels du bâtiment et les particuliers, l’ASPAS lance une action de sensibilisation, financée en partie par la Fondation 30 millions d’Amis, dans le souci de préserver la biodiversité de nos villes et campagnes.

Le traitement de vitrage vitre teinté protège les oiseaux !

Le traitement de vitrage vitre teinté protège les oiseaux !

Véranda, abris bus, garages à vélos, vitres en verre… En réfléchissant l’environnement, c’est-à-dire le ciel ou la végétation, ces surfaces causent chaque jour des accidents mortels pour les oiseaux. Le choc, très violent, peut être fatal, ou provoquer de graves lésions. L’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) édite deux documents pour sensibiliser le plus grand nombre aux dangers que représentent nos constructions. L’un à destination du grand public, l’autre pour les professionnels : « les bâtiments en verre sont aujourd’hui très à la mode, indique Madline Reynaud, présidente de l’ASPAS. Ceux qui construisent, mais aussi ceux qui font construire, comme les architectes, doivent prendre des mesures de protection, au même titre que les considérations esthétiques. »

Plus meurtrier qu’une marée noire
« Plusieurs centaines de milliers de volatiles seraient victimes de ces chocs chaque année », indique Madline Reynaud. Un bilan alarmant donc, qui dépasserait en nombre celui d’une marée noire, mais qui passe relativement inaperçu auprès des autorités comme des citoyens.

Parmi les bâtiments dangereux figure d’ailleurs… celui du ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer : sa façade, réfléchissant les végétaux, est mortelle pour les volatiles. En revanche, la Pyramide du Louvre ne reflète que les bâtiments du célèbre musée qui l’entoure. « Elle ne représente donc aucun danger », confirme Madline Reynaud.

Des solutions et des aménagements très simples
Certaines règles peuvent être appliquées en amont, c’est-à-dire lors la construction des bâtiments : vitres nervurées ou teintées, verre opaque ou surfaces vitrées inclinées plutôt qu’à angle droit… Ces mesures permettent aux oiseaux de différencier la surface vitrée de la réalité. Mais qu’en est-il pour les édifices déjà bâtis et non adaptés ? « Les aménagements sont simples, poursuit la présidente de l’ASPAS. Il suffit d’installer des rideaux, des moustiquaires ou des stores qui indiquent aux oiseaux que des vitres sont bien présentes. » On peut enfin éloigner les mangeoires des fenêtres afin de ne pas y attirer les volatiles, ou encore limiter la végétation entourant un jardin d’hiver.

La Fondation 30 Millions d’Amis, qui a participé en partie au financement de cette campagne, se félicite de cette prise de conscience vis-à-vis de la biodiversité qui nous entoure.

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1 Commentaire

  1. ASPAS dit :

    Selon certains spécialistes, les collisions avec des surfaces vitrées seraient une sinon la première cause de mortalité non intentionnelle liée aux activités humaines chez les oiseaux. D’après l’ASPAS, l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages, ce phénomène causerait la mort de centaines de milliers d’oiseaux chaque année en France car, même s’ils semblent indemnes, une fois sur deux ils sont victimes de lésions internes. Trompeur à double titre, le verre est dangereux tant en raison de sa transparence que de sa capacité de réfléchissement des éléments extérieurs tels que le ciel et les arbres, donnant l’illusion aux volatiles d’être face à leur milieu naturel.

    Le verre occupant une place croissante dans l’architecture moderne (abribus, passerelles, façades d’immeubles réfléchissantes, murs antibruit…), l’association propose aux professionnels du bâtiment un guide de 50 pages, abordant notamment les possibles mesures de prévention. Une plaquette gratuite est également mise à disposition des particuliers. Y sont notamment consignées des alternatives aux vitres standards, telles que des vitres nervurées, cannelées, dépolies, sablées, teintées, imprimées, un choix de verre opaque ou tout autre matériau opaque, des fenêtres à croisillons, des fenêtres inclinées de type Velux etc. Il est également conseillé d’éviter de placer les mangeoires et nichoirs à proximité des fenêtres et de limiter la végétation autour de celles-ci. Les parois vitrées antibruit entourées d’arbustes présenteraient, en effet, un risque quatre fois plus élevé par rapport à celles dépourvues de végétation.

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